Gestion des Token Non Fongibles

Salut à tous, et merci @tuxmain et @poka pour vos analyses qui cadrent parfaitement le débat. Je suis entièrement d’accord avec le principe directeur : restons minimalistes.

C’est précisément dans cet esprit que nous avons abordé ce problème au sein du G1FabLab. Avant même de parler de NFT, notre besoin était très concret : comment gérer les actifs et les parts d’une coopérative (la SCIC CopyLaRadio) de manière transparente, décentralisée et vérifiable, en utilisant la Ğ1 comme socle ?

Le Point de Départ : Répondre aux Usages

@tuxmain, tu as raison sur plusieurs points :

  1. Pour l’immobilier, l’État reste (pour l’instant) incontournable. Notre but n’est pas de tokeniser des maisons, mais de gérer nos biens communs coopératifs (serveurs, logiciels, noms de domaine). C’est un périmètre où nous sommes souverains.
  2. Ce n’est pas un nouveau système monétaire, mais un système de gestion et de comptabilité sur la Monnaie Libre. L’économie Ẑen est notre “logiciel comptable” qui utilise la Ğ1 comme son registre infalsifiable.

La Sidechain : Puissante mais Complexe ?

@poka, ta proposition d’une sidechain Substrate est techniquement très séduisante. Mais comme tu le soulignes, c’est un travail conséquent, qui introduit une complexité non négligeable. Cela soulève aussi la question de la gestion des clés : comment s’assurer que les clés dérivées sur une sidechain conservent le lien de confiance fondamental avec le compte membre Ğ1 originel ?

Et si la “sidechain” était déjà sous nos yeux, cachée dans les fonctionnalités existantes de la Ğ1 ?

La Proposition : Le Protocole de la “Primo Transaction” comme Pont de Confiance

Notre approche repose sur un principe simple mais puissant :

La primo transaction sur la clef jumelle de n’importe quelle clef crypto, effectuée depuis un compte membre de la WoT, permet de transférer les propriétés de confiance de la clef maître à cette nouvelle clé.

C’est notre “pont” minimaliste. Pas besoin de pallet-bridge-grandpa. Une simple transaction de 1 Ğ1 depuis un compte certifié suffit à “adouber” n’importe quelle clé publique et à l’intégrer dans notre écosystème de confiance.

Le Commentaire Ğ1 + IPFS : Notre “Para/Sidechain” Légère

Une fois qu’une clé est “reconnue”, comment y attacher des données complexes (les métadonnées du NFT) ?

Ici encore, nous utilisons une primitive existante : le champ commentaire de la transaction. En y inscrivant un hash CID IPFS ou IPNS, nous pouvons lier la transaction à une quantité quasi illimitée de données : une image, un PDF, des statuts, un modèle 3D, un programme…

Un exemple de protocole simple : Protocole de Primo Transaction pour Duniter, permet de créer une “para/sidechain” de données, compatible avec n’importe quelle architecture à clé publique, sans toucher au code de Duniter.

Un Cas d’Usage Concret : Tokeniser un Bien Commun

Imaginons que nous voulions tokeniser une imprimante 3D dans un FabLab :

  1. Métadonnées : On rassemble sa photo, son mode d’emploi, son journal de maintenance dans un dossier. On publie ce dossier sur IPFS et on obtient son hash CID.
  2. Clé de l’Objet : On utilise ce hash CID comme “graine” pour générer une clé seed unique pour l’imprimante. C’est la “clé du NFT”.
  3. “Minting” : Un sociétaire du FabLab (membre WoT) envoie 1 Ğ1 à la clé publique de l’imprimante, en mettant le hash CID dans le commentaire. L’acte de naissance du “NFT” est créé. Il est horodaté, vérifiable et lié à la WoT.
  4. Transfert de Propriété : L’ancien propriétaire envoie ce 1 Ğ1 au nouveau, qui lui peut renvoyer 1 Ğ1 pour accuser réception. L’historique des transactions sur la clé de l’imprimante devient le registre des transferts de propriété.

Chez CopyLaRadio, nous expérimentons déjà ces principes. Le UPassport qui sont des “NFT” qui reçoivent des parts sociales. Le wallet UPLANETNAME.SOCIETY est notre “minter”. La complexité de la propriété est simplifiée par notre modèle coopératif où tout le monde est co-propriétaire.

Nous n’avons pas besoin de tout mettre en blockchain, mais nous avons besoin que la blockchain soit le garant de la confiance et de la propriété sur nos biens communs.

Notre approche est un chantier ouvert. Il nous reste à définir ensemble les protocoles de formatage du commentaire pour standardiser ces “NFT Ğ1”. Mais elle prouve qu’il est possible de répondre à des besoins complexes avec des outils simples, en restant fidèles à l’esprit minimaliste et souverain de la Monnaie Libre. C’est une invitation à explorer cette voie avant de nous lancer dans des développements plus lourds.