2 ans pour convaincre?


#1

Comme il est de + en + question du lancement d’une monnaie de ‘production’ j’ essaye d’imaginer quelle sera la suite…
J’en suis à me demander si ce n’est pas trop tôt, mais peut-être est-ce parce que je ne sais pas tout.
Par exemple:
Quelle est la masse critique de membres pour rendre une monnaie pérenne.
Quels facteurs vont réguler la croissance des membres.
La rareté des outils permettant des échanges faciles n’est elle pas rédhibitoire à une croissance suffisante.
Notre capacité de prosélytisme (même si je n’aime pas ce mot) ou de communication est elle prise en compte? Mais doit on seulement prendre ces considérations en compte?
Tenant compte du fait que le risque de voir beaucoup de membres disparaître après 2 ans…
Bref: est-ce bien le moment de lancer la monnaie ?


#2

Il y a une chose dont je suis certain : tant que Ğ1 n’existe pas, son adoption n’est pas possible.


#3

exactement, et si G1 n’arrive pas à passer un seuil critique (que je ne saurais définir), ce sera au moins un moteur de lancement pour G2, et peut être même qu’il y aura un G3…
Ce qui est certain, c’est que sans G1, pas de G2 ni G3 possible…


#4

Je suis également satisfait du démarrage qui est une étape très importante et dont je me réjouis mais une fois le premier pas fait, je ne peux m’empêcher de penser au suivant…


#5

Et si chaque pas prend 1 an, au bout de 80 pas, tu penseras à quel pas suivant ? Qu’est-ce qui t’en empêchera ?


#6

Pas de monnaie = beaucoup de bla-bla, rien de concret.

Une monnaie = émulation et expérimentations (avec possibilité de plantage complet, bien sûr).

Dans tout projet de ce type, on n’est jamais prêt à « parer à toute éventualité », l’ensemble des possibles étant infini car dépendant de trop de paramètres. Ici, c’est en particulier le paramètre humain qui est impossible à déterminer à long terme, et même à court terme de toute façon.

Pour être honnête, je me posais les mêmes questions il n’y a pas si longtemps, mais je me suis fait une raison : ce n’est qu’en expérimentant en grandeur nature, qui revient à faire les premiers pas sur le chemin, qu’on pourra envisager la suite du chemin, car il n’y a pas de carte, pas de GPS, pas d’appli Waze pour signaler les bouchons à l’avance. Et si au bout de 100 pas on se trouve face à des ronces, il est toujours temps de sortir la serpette… ou de cueillir les mûres! :smiley: Au pire, on repart à 0 avec une meilleure vision des possibilités pour éviter les ronces la prochaine fois. Ce qu’il faut éviter, très certainement, c’est de faire trop de « reset » successifs ce qui épuiserait psychologiquement les participants. Mais à partir du moment où le cœur du projet fonctionne techniquement, on ne devrait pas avoir besoin de beaucoup de « reset » (et même peut-être aucun, qui sait?).


#7

J’ajoute qu’il n’y a pas à « convaincre » qui que ce soit, car cela supposerait que nous aurions raison face à des personnes qui auraient tort. Cela serait totalement contradictoire avec le principe de relativité sur lequel la monnaie libre repose.

Si 80 ans sont une durée pérenne, je dirais qu’à partir d’une seule personne, on est bons. :slight_smile:


#8

Entendons nous bien, mes propos sont bienveillants !

J’entendais convaincre dans le sens de ‘en parler clairement pour que l’interlocuteur en perçoive l’intérêt’. Après chacun est libre de faire une démarche personnelle
Je ne pense pas qu’on ait raison et les autres tort mais plutôt on sait des choses que les autres ne savent pas encore! Je me sens mieux avec cette assertion.

Quel est l’équilibre entre en parler et convaincre?
Les conférenciers ne font ils qu’en parler sans avoir le souci de convaincre… ? Humm


#9

Oui mais dans ce cas tu pars du principe qu’il y a un intérêt, ce qui n’est pas forcément vrai du point de vue de ton interlocuteur, quand bien même il aurait compris le fonctionnement.

Par exemple un banquier en euro n’y verra vraiment aucun intérêt, peut-être même y verra-t-il une nuisance.

S’ils font des conférences dans l’espoir de montrer qu’ils ont raison, ils ne font alors que partir de leur propre dogme et tentent de l’imposer aux autres par la raison. Ce qui n’amène pas grand-chose d’autre, à mon avis, que des apôtres de ce même dogme :confused:

Si au contraire ces conférenciers tentent d’amener des observations et raisonnements vérifiables sans préjuger que leurs propres principes seront partagés par leur auditoire, alors ces conférenciers permettent de prendre conscience d’une réalité existante ou nouvelle, et laissent l’auditoire se faire sa propre opinion.

Je préfère les seconds conférenciers. Galuel se garde généralement bien d’être dans le cas 1), d’ailleurs. Ses confs sont ponctuées de “après vous choisissez” et autres “moi je sais pas”. Bien sûr il ne vient pas faire une conférence dans le but que sa découverte soit rejetée mais plutôt adoptée. Toutefois il ne tente pas de l’imposer.

Note à moi-même : je parle trop ! Je laisse les autres répondre :slight_smile:


#10

C’est vrai, je me souviens des propos de Galuel que tu évoques et vu comme cela, je suis 100% d’accord.
En même temps, ce n’est pas le cas de tous les conférenciers et c’est un des aspect du libre auquel il faut sans cesse repenser sinon certains vieux réflexes ont la peau dure…


#11

Si on avait essayé de convaincre sur le financement participatif ou sur l’usage un jour d’un réseau social au niveau mondial, ou d’une monnaie sécurisée mondiale et décentralisée, on se serait épuisé, et ce serait resté des idées dans les mains de quelques convaincus/visionnaires. Mais quand facebook, bitcoin ou des plateformes comme ulule sont arrivées, il n’a pas fallu convaincre qui que ce soit. Les plateformes répondaient à une aspiration.

Dans le cas des monnaies, on est confronté au même problème. En parler pour motiver des personnes est difficile, car peu de gens arrivent à imaginer une solution tant la réponse est complexe.

Une fois des premiers usages concrets, la monnaie va se répandre bien plus vite que jusqu’à maintenant. D’ailleurs, c’est juste impressionnant et tellement remarquable le travail qui a été fait jusque maintenant sur l’espoir que ce projet libre marcherait un jour alors même qu’il n’y pas aucun business dessus ni aucune assurance que ça fonctionnera.

Ici, la monnaie libre vient résoudre une aspiration que de plus en plus de personnes ont (qui ne partage pas l’aspiration à un système économique plus équitable et appropriable ?). Si les outils permettent de répondre correctement à cette dernière, cela va se mettre en place sans avoir trop avoir à s’inquiéter. Personnellement, je pense que les outils ont déjà atteint un niveau fonctionnel très motivant. Le peu de gens à qui je les montre ont envie de rejoindre la monnaie et d’en faire partie ! Les outils déjà développés sont en tout cas bien plus motivants et fonctionnels que toutes les expérimentations de monnaies locales vues jusqu’à maintenant. Et je doute pas que d’autres arriveront très vite, impulsés par ce premier lancement.

Bref, bravo pour ce lancement, on est super enthousiastes à Lille :wink:


#12

Au hasard : les banquiers en euros, leurs créanciers les grandes entreprises du CAC40, ou même ce citoyen qui veut imposer l’écologie lors de la conférence d’ @elois.

Pour eux les priorités sont ailleurs !

Du reste, je partage ton avis :slight_smile:


#13

Simon, je partage ton analyse et ton enthousiasme et je ne souhaite pas faire le rabat joie, je tentais juste de réfléchir sur les aléas qui jalonneront le parcours d’où mon propos de départ:
2 ans pour convaincre ?

Bon, convaincre est inapproprié, je l’admets, mais vous aurez compris l’esprit de cette phrase.
Et quel que soit le devenir de la monnaie libre, je ne peux pas ne pas y participer.


#14

Et pour la petite histoire, si Bitcoin s’était laissé 2 ans pour convaincre et que tout le monde avait abandonné au bout de 2 ans, il n’y aurait pas de Bitcoin aujourd’hui (à près de 20 milliards d’€ de capitalisation). Je pense tout simplement qu’il n’y a pas de date limite. Il y aura très probablement des hauts et des bas, mais je ne pense pas qu’on puisse définir de « seuil » à passer aujourd’hui. On est les premiers Vikings qui partent découvrir l’Amérique (car Christophe Colomb peut toujours aller se rhabiller :stuck_out_tongue: ). Combien de jours (mois, années…) faudra-t-il attendre avant de tomber dans les abysses du bord du monde ou bien d’apercevoir au loin la terre espérée et recherchée? Personne ne le sait. Une chose est sûre, l’Océan a son lot de tempêtes…


#15

Les Vikings aussi puisque quand ils sont arrivés il y avait déjà du monde…


#16

Oui bien sûr, mais en Europe, on ne le savait pas et c’était les premiers à faire le voyage dans ce sens (du moins de ce que l’histoire connue nous rapporte)… c’est vrai que j’aurais peut-être dû parler des premiers qui ont traversé le Détroit de Béring alors qu’il était pris dans les glaces, mais mes histoires d’abysses et de tempêtes tombaient… à l’eau. Bref. :smiley:


#17

si un tel seuil existe, ce seront les historiens qui le définiront…
nous,en attendant, faisons l’histoire :slight_smile:


#18

‘Faisons l’histoire’ me plaît bien comme propos.:smile:


#19

je sais pas si c’est du hoax mais vous avez raison de vous lancer vite …http://www.businessbourse.com/2017/01/31/a-y-est-bruxelles-a-sorti-le-texte-pour-la-suppression-du-liquide-en-2018/


#20

Je me méfie de Jovanovic, il fait beaucoup de buzz. Par contre, la suppression du cash de manière générale, c’est certain qu’il faut s’y préparer. C’est déjà en cours au Danemark, il y a des attaques contre le cash partout (Inde, Corée, Venezuela et j’en passe), donc c’est en progression. Sans compter les autres signaux (lois pour saisir les avoirs des gens en cas de problème, limitations accrues sur les limites des retraits et paiements en espèce par exemple) qui ne présagent rien de bon. Alors l’annonce de Jovanovic, hoax ou pas, c’est une réalité qui va arriver un jour, et probablement plus tôt qu’on l’imagine. Parce qu’au final, la majorité des gens voient ça d’un bon œil vu que c’est présenté comme « lutte contre le terrorisme et le marché noir », ça ne peut être qu’une bonne chose, non? :wink: Même la suppression des billets les plus utilisés en Inde du jour au lendemain et sans préavis n’a pas donné lieu à une révolution.