Implémenter la monaie libre comme un smart contract sur une autre blockchain

Bonjour,

Question peut-être bête: je me demandais si vous aviez déjà réfléchit à l’idée d’utiliser une blockchain déjà existence et à la sécurité et fiabilité reconnu, et construire un smart-contract dessus et un token, qui implémentent les principes de la monnaie libre, et de la toile de confiance.

Cela aurai l’avantage de vous décharger des problèmes niveau blockchain, et son développement fastidieux, et assurer un bon niveau de confiance dans la sécurisation des transactions.

Cela aurai bien sur pour conséquence d’obliger les utilisateurs à payer des frais blockchain pour utiliser le système, mais en même temps s’il s’agit de prendre cette monnaie libre au sérieux, ça apporterai un niveau de sécurisation plus élevé.

Bien-sur je dis juste ça pour agiter les idées, et lancer une discussion, pas pour dire « vous auriez dut faire ça »

Pierre.

Bonjour,

L’inconvénient auquel je pense directement c’est que la monnaie deviendrait alors totalement dépendante de la monnaie de la blockchain. La fiabilité de notre monnaie reposerait sur la fiabilité d’un système de Ponzi, ou d’un système ploutocratique comme le sont la plupart des blockchains célèbres, s’effondrerait avec, subirait sa gouvernance…

Et personnellement si on m’annonce qu’un projet fonctionne sur Ethereum je ne cherche pas plus loin. C’est la corrélation entre puissance de calcul et pouvoir qui me dégoûte, tout simplement.

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Ok pourquoi pas, on n’a pas la même vision des blockchain traditionnelles.

Je ne suis pas fan de la PoW pour des raison écologiques, mais en terme de pouvoir tel que implémenté ça ne me pose pas de problème particulier, tant qu’en pratique ça fonctionne pour sécuriser de manière décentralisée. Et la proof-of-stake tel que sera implémenté sur ethereum ou est implémenté sur cardano, ne me semble poser aucun problème.

A mon sens la seule possibilité d’avoir une blockchain publique, qui n’ai pas besoin d’identification des individus à sa base, ça implique forcement de donner le pouvoir de validation des blocks proportionnellement à une ressource qui est rare (puissance informatique, jetons, espace de stockage,…).

Si vous réfléchissez vraiment à la question vous vous rendez compte que le niveau de sécurisation d’une blockchain sans identification des individus, est forcement proportionnelle à la valorisation d’un crypto-actif sous-jascent. Donc si on veut avoir une blockchain fortement sécurisé ça implique d’avoir un crypto-actif fortement valorisé. Sauf que comme il est raisonnablement impossible d’introduire directement un actif fortement valorisé avant même que la dite blockchain ai fait ses preuves de fonctionnement en condition réelle, ça implique forcement des crypto-actifs qui prennent progressivement de la valeur. (Ce que vous appelez peut-être un « ponzi »).

Alors peut-être que selon vous toute blockchain devrait se baser sur une identification des individus, afin d’avoir un pouvoir de validation de block équitable pour chaque individu, sur la base d’une web of trust, ou autre techno dans le même lignée. Sauf que perso moi je ne suis pas du tout convaincu qu’une web of trust puisse en soit fournir des niveaux élevés de sécurité à grande échelle, lorsque les enjeux deviennent grands. On a déjà put en discuter dans d’autre threads. Perso je ne confierai pas des centaines de milliards de valeur à la confiance d’une web of trust, ou a une quelconque technique d’identification unique des êtres humains, que j’ai put voir passer jusqu’à maintenant.

Je pense que cette notion de sécurité n’est pas à négliger s’il est question d’avoir l’ambission de donner une dimension plus importante à la monnaie libre un jour.

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On peut aussi dire dors et déjà que la fiabilité de votre monnaie dépend de la fiabilité des infrastructures d’internet, et subit sa gouvernance.

Pourquoi n’essaies-tu pas ? Essaie, et reviens ensuite ici pour nous dire où tu en es. Quand on comprend pas abstraitement où ça coince, le mieux est de faire l’expérience, qui elle ne manquera de montrer où ça coince de manière vérifiable.

Une autre façon de réfléchir est de constater : non, il n’y a pas d’autre monnaie libre nulle, part, y compris sur des « blockchain existantes ». S’il n’y en a pas, il y a certainement des raisons à cela.

ça tombe bien la june n’est pas à vendre … :slight_smile: il suffit de choisir de la cocréer

ça tombe bien la june n’est pas à vendre … :slight_smile: il suffit de choisir de la cocréer

C’est pas la question de savoir si elle est à vendre ou non. Si la June est une monnaie, c’est qu’on lui donne de la valeur et qu’on peut l’échanger contre des choses de valeur. Si c’est une monnaie très utilisée alors elle a beaucoup de valeur et il y a beaucoup d’enjeu à sa sécurisation c’est implacable. Donc si la June on une autre monnaie libre prenait de l’ampleur il y aurai des enjeux colossaux à sa sécurisation.

Dans les faits, le contrôle n’est pas totalement décentralisé. Au contraire, il est gardé bien au chaud dans un nombre réduit de mains. C’est tout aussi vrai pour la POW que pour la POS. Dans le premier cas, il faut avoir assez de puissance de calcul pour compter. Dans le deuxième, c’est encore plus classique : le pouvoir à ceux qui ont le plus de monnaie, ça vous rappelle quelque chose ? Dans tous les cas, dépendre d’une telle infrastructure, c’est un peu comme si je voulais être autonome en cultivant mes fruits et légumes… sur un terrain ne m’appartenant pas.

En fait il faut distinguer décentralisé et égalitaire. Le système de PoS par exemple n’est pas égalitaire, car il donne un rôle proportionnel à la richesse, pour autant il est décentralisé dans le sens ou il donne efficacement des rôles à une multitude d’acteurs qui n’ont pas d’intérêts convergents.

En pratique en ce qui concerne la validation des blocks à partir du moment ou le système est décentralisé, chaque acteur n’a que très peu de pouvoir effectif, et très peu de degré de liberté dans son rôle de validation des blocks. Il est obligé de suivre le protocole sans quoi il sera marginalisé. La notion de pouvoir des validateurs de blocks est alors toute relative et théorique. Vous me direz peut-être qu’ils ont le pouvoir de recevoir des récompenses, mais dans nombre de système de PoS par délégation chacun peut recevoir des récompense à peu prés proportionnelle aux sommes qu’il possède, il n’a donc pas d’avantage flagrant donné au riches.

Je comprends la volonté de se baser sur un système égalitaire, cet argument est tout à fait recevable. Mais il me semble que les bénéfice de cela restent tout à fait théorique et philosophiques, et qu’en réalité il n’y a aucun avantage concret et opérationnel, quand au partage du pouvoir.

Ah, la fameuse « main invisible »… mais s’ils sont tous riches, ne risquent-ils pas d’avoir certains intérêts convergents ? On le voit à répétition dans l’économie, avec des ententes, parfois secrètes, entre acteurs qui sont concurrents en apparence.

Tout dépend de la part de capital globale desdits « riches ».

Le problème qui a été soulevé ici est de baser une monnaie libre sur une infrastructure dont la gestion lui échappe totalement. C’est exactement comme vouloir bâtir sa propre résilience alimentaire dans le jardin du voisin.

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